8 septembre : Journée internationale de l’alphabétisation

écrit par Mario Raymond

Établie en 1965 par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), la Journée internationale de l'alphabétisation est célébrée partout dans le monde le 8 septembre de chaque année. La communauté mondiale a ainsi manifesté son engagement à reconnaître que l'alphabétisation est essentielle au développement personnel et à l'avancement socio-économique des nations et à soutenir les efforts en ce sens.


Chaque année, lors de la Journée internationale de l'alphabétisation, l'UNESCO dresse devant la communauté internationale le bilan de l'alphabétisation et de l'éducation des adultes dans le monde. Malgré des efforts multiples et variés, l'alphabétisation reste un objectif difficile à atteindre : quelque 776 millions d'adultes ne possèdent pas les compétences de base en lecture et en écriture, ce qui signifie en d'autres termes qu'un adulte sur cinq est faiblement alphabétisé. De plus, 75 millions d'enfants ne sont pas scolarisés et ils sont plus nombreux encore à fréquenter l'école de manière irrégulière ou à abandonner leurs études.

Pour participer dans la société moderne, les gens doivent savoir lire et écrire, que ce soit pour consulter un horaire d'autobus ou un quotidien, pour calculer le dosage d'un médicament d'ordonnance, pour utiliser un logiciel ou pour suivre un débat public sur une politique gouvernementale. La capacité de lire et de comprendre du matériel écrit et des calculs de base, et d'agir en conséquence, est fondamentale dans notre vie de parents, d'étudiants, de travailleurs, de membres de la collectivité et de citoyens.

Au niveau individuel, un faible niveau d'alphabétisme a des répercussions sur la capacité de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Le faible revenu, la mauvaise santé et l'exclusion sociale sont liés à un faible niveau d'alphabétisme. Au niveau économique et social, le faible niveau d'alphabétisme peut faire obstacle à une main-d'oeuvre hautement compétente et qualifiée, et à des collectivités fortes et prospères qui sont le fondement d'un niveau de vie plus élevé.

Avec ses systèmes d'éducation bien établis et une proportion élevée de personnes scolarisées, on ne pense pas spontanément au Canada comme étant un pays ayant un problème d'alphabétisme. Malgré cela, dans l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes de 2003, on a constaté ce qui suit : parmi la population canadienne relativement bien instruite, environ 42% des adultes en âge de travailler (8 millions de personnes) ont un niveau d'alphabétisme inférieur au niveau minimal nécessaire pour faire face aux demandes complexes de la vie quotidienne et du travail dans l'économie mondiale..

Au Québec, ce sont 1,3 million d'adultes de 16 ans et plus qui n'ont pas le niveau de compétences en lecture suffisant pour répondre aux exigences de la vie quotidienne et fonctionner aisément dans notre société. En Montérégie, selon les données du Conseil canadien sur l'apprentissage (CCA) de 2006, 50% de la population adulte serait faiblement alphabétisée considérant les exigences de notre société.

Les connaissances de base considérées essentielles il y a 35 ans ne sont plus les mêmes aujourd=hui. Les transformations technologiques des dernières années ont transformé considérablement la nature de la formation de base nécessaire pour pouvoir fonctionner normalement dans une société en évolution constante. S'il y a une trentaine d'années, une scolarité minimale de 9 années permettait, entre autres, de trouver un emploi, on constate aujourd'hui que la formation de base exigée par les employeurs, ou permettant l'accès à la formation professionnelle, correspond minimalement au diplôme de fin d'études secondaires. Les besoins en formation ont donc évolué et continueront d'évoluer rapidement.

L'analphabétisme est donc un concept mouvant qui fluctue au gré des exigences des sociétés dans lesquelles il s'incarne. Ne parle-t-on pas d'analphabètes des technologies? Avoir un faible taux d'alphabétisme ne signifie donc plus seulement ne pas savoir lire ou écrire. Cela signifie ne pas avoir de connaissances suffisantes pour se débrouiller, fonctionner et se réaliser pleinement comme individu social à part entière.

La hausse du taux d'alphabétisme est une responsabilité à la fois individuelle et collective. Les gouvernements se doivent de mettre en oeuvre tous les programmes de promotion des services de formation de base et les mettre à la disposition des citoyens en soutenant adéquatement les centres d'alphabétisation et d'éducation des adultes. Les collectivités doivent assurer l'organisation de ces services et référer les individus dans le besoin aux ressources du milieu. Les individus faiblement alphabétisés, ainsi informés, soutenus et accompagnés, doivent résolument s'engager dans une démarche de formation qui leur fera améliorer leurs compétences de base. Il en va de leur avenir, de celui de leurs proches et de celui leur collectivité.

Depuis plus de 25 ans, La Porte Ouverte offre gratuitement des cours de français langue maternelle aux adultes du Haut-Richelieu. Des milliers de personnes ont ainsi augmenté leurs compétences de base en français. Que ce soit pour apprendre à lire et à écrire ou pour améliorer la qualité de son français écrit, la formation offerte permet à chacun d'atteindre ses objectifs.


 

 



 

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